« Le décalage on le sent partout » : Décalage entre les jeunes réunionnais, les grandes écoles et le retour au péi

Issus de milieux modestes, ceux qui ont intégré Sciences Po ou l’ENA sentent le décalage 

« Cette école paraissait tellement inatteignable qu’il n’imaginait pas que son propre fils puisse y aller » : ce sentiment est présent aussi pour de nombreux réunionnais qui tentent d’entrer dans les grandes écoles comme l’ENA.

L’accès a l’air trop lointain, impossible. Et quand on y entre, le décalage se ressent. 

Le président de la République a présenté sa réforme de la haute fonction publique, qui comprend le remplacement de l’Ecole nationale d’administration par un nouvel Institut du service public ISP.

Mesure symbolique qui rappelle les difficultés d’accès à la haute fonction publique pour les réunionnais et ultramarins.

Travailler au sein des  plus grands corps administratifs, Conseil d’Etat, Cour des comptes….  de beaux projets mais  pour beaucoup  de jeunes réunionnais ça se résume à : “A quoi bon de toute façon  c’est pas pour moi”.

Dans cette perspective comment faire en sorte que le “ c’est pas pour moi”  devient progressivement “ et après tout pourquoi pas ?” 

C’est ce dont nous avons discuté lors de la conférence de Profil Public « Rejoindre le service public : avons-nous tous les mêmes chances ? » avec Laurence Akossi.

Les prépas « égalité des chances » se multiplient cette année avec la mise en place de la Prépa Talent : vont-elles être efficaces ? Est-ce que l’accès à cet ISP, qui remplace l’ENA, sera meilleur et plus prometteur pour les Réunionnaises et Réunionnais ? 

Autre question qui se pose : celle du retour. Pour de nombreux jeunes d’outre-mer la question qui se pose est celle du déracinement. 

Après de nombreuses années d’absence et avec ce potentiel titre de haut fonctionnaire, la possibilité de revenir sur son île est-elle encore envisageable ? 

Notre association veut montrer que c’est possible même si nous avons été moins en contact avec notre île pendant nos années d’étude, la restitution des compétences est nécessaire à son développement.

Mais qu’est ce qui assure de pouvoir défendre et travailler au rayonnement de son île ? Peut-on le faire loin de La Réunion en Métropole ?