Melthide Sinama

Melthide Sinama

Peux-tu nous raconter ton parcours ?

Je m’appelle Melthide Sinama, et je suis originaire de Sainte Suzanne. J’étais au Lycée Sarda Garriga à Saint André, et j’ai fait mes deux premières années de fac à l’Université de la Réunion, en licence de Biologie-Géologie. J’ai ensuite quitté la Réunion pour Marseille, où j’ai continué mes études universitaires dans la même branche jusqu’au Doctorat, durant lequel je me suis spécialisée en Ecologie. J’ai soutenu ma thèse en 2013, et quelques années plus tard, en 2016, je suis retournée aux études pour passer un diplôme complémentaire à l’Institut du Droit et des Affaires à Aix-En-Provence, en Innovation, Recherche et Brevets.

Comment as-tu intégré ton école/formation ?

Les études universitaires ne demandent pas de conditions particulières pour intégrer une formation, si ce n’est d’avoir le Bac. Par contre, lorsqu’on arrive en cours de cursus universitaire, on doit justifier de son niveau pour la filière à laquelle on postule et présenter tous ses relevés de notes, pour voir s’il y a possibilité de passer directement dans la filière sans refaire les années précédentes. J’ai donc constitué mon dossier pour plusieurs universités, et j’ai choisi Marseille (l’appel du soleil !). La prochaine sélection se fait ensuite en Master, dont les critères sont différents selon qu’on choisisse le parcours Recherche ou Professionnel.

Quelles ont été les attentes académiques ?

A l’Université, on est très autonome, il faut s’autogérer ! Je ne sais pas quels sont les modalités aujourd’hui, mais « à mon époque », il y avait peu de contrôles continus. Tout (ou presque) se passait en fin de semestre, deux fois dans l’année. Je ne suis pas forcément un exemple à suivre, j’étais plutôt du genre à aller en cours peu souvent, et à tout rattraper au dernier moment avant les partiels. Beaucoup décrochent en licence, par manque de motivation. L’exigence vient plus tard, d’abord en master : le choix du stage est conditionné par son parcours et ses capacités à être autonome. Pour, mettre toutes les chances de mon côté, je faisais des stages hors cursus. Et bien entendu, il y a les bourses pour le Doctorat, qui nécessite d’avoir une bonne moyenne dans l’année. Par exemple, la bourse Région PACA à laquelle j’avais postulé exigeait d’avoir 14 de moyenne sur l’année. J’ai donc dû travailler plus régulièrement !

Quel métier exerces-tu actuellement ?

Juste après le doctorat, j’ai quitté le monde de la recherche qui ne me plaisait plus, pour rejoindre un cabinet de conseil en financement de la recherche et de l’innovation à Marseille. Cela consiste à aider et accompagner les entreprises dans leur montage de dossier de financement. J’ai d’abord commencé en tant que rédactrice scientifique : je rédigeais les projets scientifiques des entreprises qui sollicitaient des aides. Puis, j’ai évolué comme consultante en financement. Je le suis toujours aujourd’hui, mais dans un cabinet différent, à la Réunion.

Est-ce que le passage des études à la vie professionnelle s’est fait facilement ?

Je considère que j’ai eu beaucoup de chance, j’ai été embauchée en CDI moins de trois mois après ma soutenance de thèse ! Jusqu’à il y a quelques années, peu de docteurs trouvaient facilement un travail en entreprise. Maintenant, les entreprises cherchent de plus en plus de profils techniques et spécialisés, notamment pour leurs projets d’innovation ou de recherche. Le plus important, c’est de ne pas rester cantonner à postuler à des post-docs en laboratoire universitaire ou à passer les concours de la fonction publique : les possibilités sont beaucoup plus larges que celles-là !

Comment as-tu réussi à revenir à la Réunion après tes études ? Cela était-il important pour toi ?

C’était une prise de risque. J’avais très envie de rentrer, de renouer avec La Réunion, j’avais envie d’y apporter mes compétences, mon expérience. Alors j’ai commencé à postuler à distance avant de rentrer mais j’avais trois mois de préavis : c’était souvent rédhibitoire pour beaucoup d’entreprises. J’ai donc fait une rupture conventionnelle, et j’ai débarqué à la Réunion au chômage, en me donnant une perspective d’un an et demi, voire deux ans pour trouver quelque chose. Finalement, j’ai été recruté six mois après mon retour, et je ne regrette pas d’avoir fait ce choix.

La pasians i géri la gal !

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